LA GUITARE | LE LUTH | LA GUITARE BAROQUE | LE CISTRE

LA GUITARE BAROQUE

La guitare "Baroque" peut être considérée comme instrument ayant eu sa propre trajectoire ; de par sa forme, son accord, ses sonorités et son style.
Elle est très employée comme instrument soliste mais aussi comme instrument d'accompagnement, selon certaines sources, et bien qu'il soit difficile de donner des dates précises, de la moitié du 16° siècle à la fin du 18° siècle :
- en Italie avec Lelio Costa, Nicola Matteis, Francisco Corbetta (ce dernier après s'être installé en France devint Maître de guitare de LouisXIV)
- en Espagne avec Gaspar Sanz, Santiago de Murcia, Francisco Guerrau...
- en France avec Antoine Francisque, Robert de visée...

L'accord

La guitare baroque est le plus souvent accordée en Mi, elle dispose soit :
- de cinq doubles cordes,
- de quatre doubles et une corde simple sur la plus aiguë, c'est a dire la première, que l'on nomme "chanterelle" (car on chante sur elle).
C'est donc jusqu'a la cinquième corde, le même accord que la guitare moderne, Mi, Si, Sol, Ré, La, de la première à la cinquième, à la seule différence que la cinquième corde de la guitare baroque n'est pas une corde "grave", (et c'est là que les choses se compliquent).

La guitare comme instrument d'accompagnement

La guitare baroque, légère, de sonorité claire et riche, accompagne aisément le chant et se rallie facilement à d'autres instruments.
Dans ce sens elle peut suivre le trajet de la "basse continue", de ce fait elle est souvent employée en ensemble avec le théorbe, l'Archiluth, la Viole de Gambe, et bien d'autres instruments de "Continuo".

Mais outre sa technique qui annonce la guitare romantique, puis la guitare actuelle, elle dispose d'une particularité : son système d'écriture ; c'est "L'alphabetto Montessardino" ou encore "l'Abecedario italiano" que l'on attribue à l'italien Montesardo.
Le principe général en est simple, mais demande quand même une certaine pratique...

Des lettres et signes correspondent à un accord précis, basé sur le système de construction autour de la basse (considérée comme fondamentale) ; puis l'accord se construit selon les autres notes, soit des chanteurs, soit des autres instrumentistes ; ainsi un accompagnement est assez vite réalisé.

Voici un exemple de l'alphabetto employé par Biaggio Marini, musicien compositeur de Monteverdi, en préface de son livre"scherzi e canzonette" de 1622 :

Un autre exemple de l'alphabetto employé par Gaspar Sanz dans son recueil "instruccion de musica sobre la guitara espanola" à Saragosse en 1674, à travers un système qu'il nomme "labyrinthe"... Mais ceci n'en a que le nom car dans chaque carré de la grille, on expose simplement l'accord mineur, puis majeur.
Exemple :

La croix du premier carré est ici un Mi mineur.
Le F qui suit est un Mi majeur.
Les positionnements de la croix et du F sont inscrits plus bas sur la tablature (j'y ai inscrit pour repère, un léger fléchage).
Les autres signes, placés respectivement plus bas, suivent le même principe : il s'agit d'identifier dans un premier temps le signe ou lettre, puis d'appliquer la correspondance avec la tablature située plus bas.
Note : le chiffre placé au dessus de la lettre ou du signe indique la case où l'accord doit être joué (2 signifie 2° case, 3 signifie 3° case, etc...)

Pour exprimer le caractère, on peut appliquer la "Battue française", la "Battutta italianna", ou encore le "Rasgueado espagnol" (qui consiste à raser l'accord soit de haut en bas soit de bas en haut), ou toute autre technique de main droite, en rythmique et puissance, qui définira la couleur de l'oeuvre.
Ces accords peuvent être employés aussi dans des pièces instrumentales en soliste comme dans l'extrait suivant.

En soliste

Les principes de lecture sont les mêmes qu'au luth, mais la tablature est composée de cinq lignes (cinq choeurs pour la guitare).

Voici un extrait de la Canarios de Gaspar Sanz du manuscrit de Saragosse de 1674 (auquel j'ai rajouté quelques "battues" très souvent employées à la guitare).


Extrait de musique : Écouter

Mais ce principe n'est il pas celui qu'emploient encore de nos jours les guitaristes, réadapté à l'instrument et au style actuel ?...

Retour en haut de la page