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LE LUTH
Au moyen âge, la technique de la main droite sur le luth, selon les informations dont nous disposons, utilisait un Plectre ou une Plume, jeu propice à la «monodie» (une voix) où le luth accompagnait ou doublait le chant ; l'instrumentiste improvisait, probablement très souvent ainsi, sur les thèmes choisis. L'évolution du Luth, en Europe, devait peu à peu suivre les règles de la polyphonie naissante (ou non encore affirmée comme telle), avec l'ajout de frettes sur le manche et l'abandon progressif du plectre, pour y préférer le jeu «aux doigts» ; mais longtemps la position de main droite restera la même. La technique du luth, bien qu'en évoluant avec sa musique ne changera que peu, dans sa forme générale. Les alternances de jeu, se font alors avec pouce et index, et le petit doigt est posé sur la table d'harmonie. On écrit pour cet instrument en «tablature».
Exemple de tablature Française :
![]() Exemple de Tablature Italienne :
![]() Cinq ou six lignes horizontales sont tracées, et au moyen de chiffres ou de lettres on détermine l'emplacement de la note que l'on désire jouer : avec des lettres si la tablature est française ou anglaise, avec des chiffres si elle est italienne ou espagnole. (nous verrons qu'il en est de même pour la guitare, l'archiluth, le théorbe, et autres instruments à cordes pincées). Ces deux tablatures sont inversées l'une par rapport à
l'autre et, en régle générale, avec des lettres,
les notes les plus aiguës se situent vers le haut de la tablature
avec des chiffres elles sont situées vers le bas. Mais développons un peu plus cette approche à travers l'exemple, theorique et d'ecoute d'extraits musicaux, de quelques "fameux" luthistes et compositeurs du 16° siècle avec des danses renaissance, puis un extrait de fantaisie italienne. Extrait d'un Bransle, une danse française pour le Luth d'Adrian le Roy, parue en 1551 (ici en notation moderne - éditions du CNRS) Extrait d'une danse italienne sensiblement de la même période,
des environs de 1550, Pavana "chiamata la milanesa", de
Giovanni Paulo Paladino detto il Milanese. Extrait d'une gaillarde d'Espagne, d'Alonso Mudarra tiré de " Très libro de musica en ciffra para vihuela"de 1546 (la vihuela selon les sources et l'écriture instrumentale disposait du même accord que le luth, et elle pouvait tout comme lui être accordée, selon la longueur du diapason de l'instrument, soit en La, soit en Sol, soit en Mi ...) Un extrait, "Smythes Allmaine", tiré du très riche recueil de Diana Poulton : the collected lute music of John Dowland ; ce compositeur génial a profondément marqué son époque et développé "l'art du luth anglais". Il a également écrit de nombreux recueils pour voix et luth. Extrait
d'une fantaisie de Laurencini di roma, tiré du recueil : "Varieties
of Lute Lessons", édité en 1610, de Robert Dowland, qui
n'est autre que le fils du célèbre John Dowland. Les
principes de la tablature s'emploient pour beaucoup d'instruments
à cordes pincées ; la Vihuela, nous verrons aussi la
Guitare Espagnole (Baroque) et les dérivés du Luth comme
l'Archiluth, et ceux du Cistre comme l'Orpharion ("à
cordes de fer"), puis le Luth Baroque et le Théorbe.
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